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mardi 16, août 2022

L’Afrique aurait pu économiser 30 milliards $ en préférant la BAD aux marchés obligataires internationaux

Les rendements des obligations émises par les pays africains augmentent. Les nations doivent donc rembourser plus d’intérêts que prévu.

Les pays africains auraient dû préférer la Banque africaine de développement (BAD) aux marchés des eurobonds. Cela faisant, ils auraient pu économiser plusieurs milliards $. Des fonds qu’ils sont désormais obligés de verser aux investisseurs, au titre des intérêts assortis des obligations qu’ils ont levées ces dernières années.

D’après le président de la BAD, Akinwumi Adesina, les nations africaines ont emprunté près de 40 milliards $ d’eurobonds au cours des dix dernières années. « S’ils avaient emprunté cet argent chez la BAD, (…) ils se seraient épargné près de 30 milliards $ en paiements d’intérêt » a-t-il indiqué.

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L’alternative de la BAD

Le président Adesina a annoncé que son institution travaillait sur un plan qui permettrait aux pays africains de sortir de ce cercle d’endettement onéreux et fluctuant. La BAD compte en effet leur fournir des prêts « à de faibles taux d’intérêt et à longue maturité ». L’objectif étant de les aider à obtenir plus facilement, suffisamment de fonds pour « faire face à bon nombre de défis ».

La crise de Covid-19, et maintenant celle engendrée par la guerre en Ukraine, ont entraîné la hausse des taux d’intérêt. Les rendements des obligations africaines partent à la hausse au même moment où leurs prix baissent. A titre d’exemple, le rendement de l’eurobond de 1,5 milliard $ levé par le Nigeria sur une maturité de 10 ans, a augmenté à 12,88% aujourd’hui contre 8,6% au 31 mars 2022.

D’après une analyse de Bloomberg Economics, les dettes souveraines du Ghana, de l’Égypte et du Kenya sont parmi les plus vulnérables au monde. Ces pays sont déjà proches du surendettement et s’exposent désormais au risque de défaut.

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