Selon le PNUD, le changement climatique nourrit les conflits armés en Afrique

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Des conflits armés
Dans un nouveau rapport, le Pnud a pointé du doigt la contribution du changement climatique à l’augmentation des conflits armés en Afrique.

Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) est formel sur la question. En Afrique, le changement climatique nourrit les conflits armés et alimente l’extrémisme violent. Un nouveau rapport de l’organisme onusien, intitulé « Sur les chemins de l’extrémisme en Afrique : les voies de recrutement et de désengagement », a pointé du doigt cette triste réalité. Le document a été publié, le 24 mai dernier.

Dans le rapport, le Pnud a établi une corrélation entre le changement climatique et l’augmentation des conflits armés en Afrique. Le phénomène serait la principale cause de l’explosion des groupes armés non-étatiques. Il est aussi comme le catalyseur de l’escalade de violence sur le continent menaçant la sécurité des biens et des personnes. Son effet s’est fait plus ressentir dans huit pays d’Afrique subsaharienne que sont le Burkina Faso, le Cameroun, le Tchad, le Mali, le Niger, le Nigeria, la Somalie et le Soudan. Ceux-ci font l’objet du rapport.

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Changement climatique, un facteur d’explosion des groupes armés non-étatiques

D’après ce document, les crises climatiques et environnementales font clairement partie des facteurs de l’escalade de la violence terroriste en Afrique. Elles permettent aux groupes armés non-étatiques de profiter de la dégradation de l’environnement et de la gestion inéquitable des terres. Ainsi, ils se positionnent comme justiciers, régulateurs de l’accès aux ressources naturelles et fournisseurs de services judiciaires et administratifs. Lesdits groupes paramilitaires se présentent aussi comme substituts des moyens de subsistance. À en croire les auteurs du rapport, ils n’ont pas encore « fait du changement climatique un message majeur ».

Toutefois, « ils pourraient facilement élaborer un récit global le présentant comme la forme ultime de violence structurelle imposée par les pays développés au reste du monde ». À cause de leurs activités, l’Afrique subsaharienne est devenue « l’épicentre mondial de l’activité extrémiste violente ». Conséquence, près de la moitié de tous les décès liés au terrorisme ont été recensés dans la région en 2021. Plus d’un tiers de ces cas ont été précisément enregistrés dans quatre pays : la Somalie, le Burkina Faso, le Niger et le Mali. Les activités terroristes, expliquent le document, ont également connu une expansion dans d’autres régions du continent. Elles touchent particulièrement le Mozambique où elles ont un impact « dévastateur » sur les vies, les moyens de subsistance, ainsi que les perspectives de paix et de développement.

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Solutions du PNUD pour une sortie de crise durable

Cette situation, faut-il savoir, n’est pas un fait nouveau. Mais il a été porté précisément à l’attention du public lors de la Conférence régionale sur les changements climatiques, la paix et la sécurité en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Organisée du 6 au 7 avril 2022 à Dakar au Sénégal, la rencontre a permis aux participants d’attirer l’attention sur les conflits engendrés par les effets du changement climatique dans la région. « Dépourvues de bétails, de potagers, et de points d’eau, les populations migrent vers les quelques petites ressources qui restent et qui n’ont pas été endommagées par la sécheresse », indique Hadjia Zara Mamadou, présidente de l’Association des femmes nigériennes contre la guerre. « Une fois là-bas, poursuit l’ancienne maire d’Agadez, la compétition pour l’accès à l’eau ou au bétail, engendre des tensions qui peuvent inévitablement dégénérer en conflit ».

En réponse à ces crises, engendrées par le changement climatique, le Pnud a donné quelques pistes de solutions. Dans son rapport, il a recommandé la prise en compte des notions de crise climatique et de l’écologie politique dans les analyses. Ladite analyse devrait inclure la dynamique politique entre les diverses identités, moyens de subsistance, groupes politiques et mobilisateurs violents. Elle ne doit pas aussi négliger la relation entre les populations humaines et les « écosystèmes dans lesquels elles vivent ». Cela est déterminant en ce qui concerne la prévention des conflits armés engendrés par le changement climatique en Afrique subsaharienne.

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