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lundi 6, février 2023

La BAD demande le renouvellement de l’Initiative de suspension du service de la dette

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Fidèle DJIMADJA
Journaliste de formation, spécialisé sur les questions de développement en Afrique. Écrivain, auteur de romans. Passionné du football.

L’initiative a été lancée à l’avènement de la pandémie de Covid-19. Elle a permis aux pays à revenu faible de consacrer plus de ressources à la gestion de la crise sanitaire. Ceux-ci ont pu économiser près de 4,6 milliards $ entre mi-2020 et fin 2021.

La Banque africaine de développement (BAD) souhaite que l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) soit renouvelée. Le prêteur multilatéral cherche à alléger le fardeau de la dette croissante des pays africains qui sont actuellement confrontés à la crise mondiale causée par la guerre en Ukraine. A fin septembre 2022, 23 Etats africains étaient déjà en situation de surendettement ou très proche de l’être. 

Leur situation économique s’aggrave de jour en jour à cause du resserrement des conditions financières internationales et de la hausse des dépenses publiques liées à la gestion de la crise actuelle. Aujourd’hui, plusieurs pays africains comme le Ghana et la Zambie ne peuvent plus accéder au marché financier international. Certains comme le Nigeria et le Kenya ont eux-mêmes refusé d’y recourir en 2023 en raison des prix d’emprunt très élevés. 

Lire aussi : Le Nigeria a consacré 80 % de ses recettes au service de la dette en 2022

Aider les pays africains à faire face à la crise actuelle

L’ISSD a été lancée en avril 2020 par le G20 et le Club de Paris. Devenue opérationnelle le 1er mai 2020, elle a permis à une quarantaine de pays à revenu faible de suspendre le service de leur dette extérieure. Parmi eux, on retrouve plusieurs Etats africains tels que le Burkina Faso, le Cameroun, la RDC et l’Angola. Prévue initialement pour prendre fin en décembre 2020, elle a été prolongée à deux reprises et a finalement été clôturée le 31 décembre 2021. Les Etats bénéficiaires ont pu économiser près de 4,6 milliards $ sur la période.

D’après la BAD, la crise actuelle augmente la fragilité et la vulnérabilité des économies africaines. Le renouvellement de l’ISSD leur permettra donc de mobiliser plus de ressources pour mieux faire face à la crise actuelle. La BAD souhaite également que le Fonds monétaire international (FMI) réalloue des droits de tirage spéciaux des pays riches aux pays pauvres. En 2021, le prêteur basé à Washington n’a fourni que 33 milliards $ à l’Afrique sur une somme totale de 650 milliards $. 

Lire aussi : Le fardeau de la dette des pays pauvres a atteint un niveau record en 2021 (Banque mondiale)

L’ISSD, pas si efficace que ça ?

D’après la Jubilee Debt Campaign, l’initiative lancée par le G20 et le Club de Paris n’a pas tenu ses promesses. Elle n’a permis de suspendre que 22% de la dette à rembourser par les pays bénéficiaires. Ceux-ci ont dû assurer environ 78% du service de leur dette entre mai 2020 et juin 2021. 

Stéphanie Blankenburg, responsable de la dette et du financement du développement à la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), disait en octobre 2021 que « l’ISSD (n’était) qu’une petite goutte d’eau dans la mer de la dette extérieure des pays en développement ». Pour preuve, les pays bénéficiaires de l’initiative ont vu leur dette croître de 500 milliards $ supplémentaires à un total de 11 300 milliards $ en 2020. 

Lire aussi : ISSD-G20 : « Une petite goutte d’eau dans la mer de la dette extérieure des pays en développement »

Fidèle DJIMADJA

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