COP26 : désaccord sur la prise en charge des « pertes et dommages » subis par les pays pauvres

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L'ex-président américain Barack Obama à la COP26

À Glasgow, des experts pointent le coût faramineux des conséquences du réchauffement climatique dans les prochaines décennies. Un coût que les pays riches refusent de prendre en charge. 

Les pays vulnérables exigent des pays riches la prise en compte des pertes et dommages causés par le dérèglement climatique dont ils sont responsables. Un débat qui refait surface lors des négociations formelles entre les Etats à la COP26. « Demander à ceux qui sont en première ligne du changement climatique, comme les petits états insulaires, de payer pour les dommages liés au climat, c’est comme demander aux passagers d’un accident de voiture plutôt qu’au conducteur de payer les dégâts ». C’est ce qu’a expliqué la première ministre de la Barbade, Mia Mottley. Le coût des conséquences du réchauffement climatique pourrait atteindre d’ici quelques années, plus de 300 milliards $ par an. 

Les pays développés avaient promis d’y consacrer 100 milliards $ par an, mais sont encore très loin de ce but. Ils refusent d’être tenus pour responsables des dégâts causés par leur développement. Prenant la parole pour la première fois à la COP26, l’ancien président américain Barack Obama a déclaré que les petits pays « envoient un message pour dire que si nous n’agissons pas maintenant, alors il sera trop tard ».

Des conséquences catastrophiques pour les pays pauvres 

Les États ont pris des engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). Malgré cela, les pays vulnérables pourraient voir leur PIB chuter de 19,6 % d’ici 2050 et de 63,9 % d’ici 2100. Ces prévisions proviennent d’un document publié par l’ONG Christian Aid. 

8 des dix pays les plus affectés sont en Afrique. Selon Les Échos, le Soudan devrait payer une lourde addition avec une baisse de 83,9 % de son PIB d’ici la fin du siècle. Même si le réchauffement est contenu dans la limite de 1,5 degré, la baisse du PIB de ce pays atteindrait 51,6 %. 

La perte de richesse des pays analysés par Christian Aid dépasserait en moyenne 13 % à la moitié de ce siècle, avec un réchauffement à 1,5 degrés. Selon l’ONG, les pertes et dommages recouvrent les dégâts qui ne peuvent pas être réparés. « Il peut s’agir de la perte d’un logement, d’un terrain, des moyens de subsistance, et même de la vie ». 

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