Adesina de la BAD plaide pour l’exemption de l’Afrique face à la taxe carbone de l’UE à la COP28

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Illustration président de la BAD (1)
Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD).

Le chef de la Banque africaine de développement a annoncé à Reuters que les pays africains devraient être exemptés du projet de l’Union européenne visant à imposer une taxe carbone sur certaines importations. Celui-ci a estimé que le coût de cette taxe pour le continent pourrait atteindre jusqu’à 25 milliards de dollars par an.

Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières

Dans le cadre du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACB) de l’UE qui sera opérationnel dès 2026, les importations de ciment, de fer, d’acier, d’aluminium et d’engrais seraient taxées. En effet, les taxes s’appliqueront pour ces importations en provenance de pays où les règles en matière d’émissions de carbone sont moins rigoureuses.

Les pays africains dépendent des combustibles fossiles pour augmenter leur production d’énergie. Cette dernière est destinée à satisfaire les besoins des populations croissantes. Par ailleurs, ils souhaitent accroître leur production afin d’exporter des produits de plus grande valeur. Toutefois, il faut noter l’augmentation des investissements dans les énergies renouvelables.

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Introduction du CBAM

Les fabricants européens ont appelé à l’introduction du CBAM. Ceux-ci estiment qu’ils ne peuvent pas rivaliser avec une production moins coûteuse et plus polluante au-delà de leurs frontières. Selon Akinwumi Adesina le résultat net du CBAM serait une reprise des exportations accrues de l’Afrique en matières premières. Il a fait cette déclaration en marge des négociations sur le climat de la COP28 à Dubaï.

« L’Afrique ne peut pas se permettre de perdre 25 milliards de dollars par an. Deuxièmement, l’utilisation par l’Afrique du gaz naturel pour compléter ses énergies renouvelables nous donnerait la stabilité dont tout le monde a besoin pour pouvoir s’industrialiser… Je pense donc que l’Afrique mérite une exclusion, » a-t-il expliqué.

Adesina a également exprimé son espoir que le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) approuverait au début de l’année prochaine un plan. Celui-ci autorisera cinq pays riches de réorienter leurs droits de tirage spéciaux (DTS) par le biais de banques multilatérales de développement, y compris la BAD. Les DTS constituent des réserves de change conservées au FMI, pour des mauvaises périodes. Elles sont garanties par le dollar, l’euro, le yen, la livre sterling et le yuan.

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