Mozambique : Près d’un million de personnes ont fui leurs foyers à cause des violences

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L'insécurité planant sur la province de Cabo Delgado a fait déplacer près d'un million de personnes et tué plus de 4000 autres en 5 ans.

Les conflits ont éclaté dans le nord du Mozambique en 2017 suite à une révolte d’insurgés du groupe Al-Shabaab contre le gouvernement. Au cours des cinq dernières années, près d’un million de personnes ont été contraintes au déplacement. Cette insécurité qui règne dans la province de Cabo Delgado empêche le pays d’exploiter ses ressources pétrolières et gazières qui lui permettront d’amorcer son développement économique.

Cinq ans déjà que des conflits armés durent dans le nord du Mozambique. Le bilan dressé hier par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) fait état de 946 508 personnes déplacées. Ces dernières ont dû fuir leurs maisons pour échapper aux violences qui sévissent dans la province de Cabo Delgado et s’étendent dans les régions voisines. Le mois dernier, la province de Nampula a connu quatre attaques, forçant 12 000 personnes au déplacement. L’insécurité prend de nouvelles proportions dans la zone et l’intervention des forces militaires voisines envoyées par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) depuis plusieurs mois n’a pas encore permis d’endiguer la menace.

Des déplacés mozambicains fuyant les zones de conflits

Fin juillet 2022, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a déclaré qu’au moins 1,5 million de personnes avaient besoin d’une aide alimentaire et d’une protection vitale dans le nord du Mozambique. Le HCR est revenu à la charge hier pour tirer la sonnette d’alarme. L’aide financière dont il dispose est insuffisante pour subvenir aux besoins des victimes de ce conflit. En septembre 2022, il n’a obtenu que 60% des financements nécessaires pour fournir une assistance aux personnes déplacées.

« Des gens ont vu leurs proches être tués, décapités et violés. Leurs maisons ont été incendiées » a indiqué l’agence onusienne dans son nouveau rapport. D’après elle, les islamistes ont dévasté la quasi-totalité des moyens de subsistance dans la région. Les services de base tels que l’accès aux soins de santé, la nourriture et l’eau sont presqu’inexistants. Des jeunes garçons innocents ont été contraints à rejoindre les rangs des rebelles pour servir leur cause.

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La menace pour le développement économique

Les violences perpétrées par les djihadistes dans la province de Cabo Delgado ont empêché le gouvernement de développer ses projets pétroliers et gaziers dans la région. Cette dernière abrite pourtant d’importantes réserves d’hydrocarbures dont l’exploitation pourrait faire passer le Mozambique du statut de pays pauvre à celui de pays à revenu intermédiaire à moyen terme.

Des insurgés du groupe Al-Shabaab

La zone Offshore 1, où devrait opérer la major française TotalEnergies, héberge à elle seule plus de 1840 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Un accord a été signé avec l’entreprise pétrolière en juillet 2020 pour exploiter ces gisements avec des investissements de 20 milliards $. D’autres sociétés telles que l’Américain ExxonMobil et l’italien Eni ont aussi conclu des partenariats avec le gouvernement mozambicain pour développer d’autres champs pétroliers et gaziers dans le nord du pays. Faute d’insécurité, elles ont toutes arrêté leurs activités sur leurs sites respectifs en 2021.

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Tentatives de relance…

Fin janvier 2022, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné s’est rendu au Mozambique pour discuter de la relance du projet avec le président Filipe Nyusi.

Le président mozambicain, Filipe Nyusi

Le mois dernier, le chef de l’État a jugé « pertinent d’envisager la possibilité de reprendre le développement des travaux » sur les sites d’exploitation. Il jugeait la situation sécuritaire « plus stable ». Pour TotalEnergies par contre, les projets ne seront relancés qu’« une fois les conditions de sécurité et de sûreté rétablies durablement dans la région »

Pour rappel, les insurgés d’al-Shabaab ont déclenché le conflit contre le gouvernement mozambicain depuis octobre 2017. On compte à ce jour plus de 4000 personnes décédées et près d’un million de déplacés. Plus de 3000 soldats ont été déployés dans le nord du Mozambique pour ramener la paix et la sécurité.

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Fidèle DJIMADJA