La Côte d’Ivoire et la Guinée en désaccord sur la restauration de la Réserve intégrale du mont Nimba

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Réserve intégrale du mont Nimba

La Côte d’Ivoire et la Guinée peinent à s’entendre sur la préservation de la Réserve intégrale du mont Nimba (RIMN). Cette aire protégée a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial en péril. Des efforts doivent être faits pour la retirer de cette liste noire.

Les autorités civiles et militaires ivoiriennes et guinéennes se sont réunies lundi et mardi derniers pour discuter de la Réserve intégrale du Mont Nimba (RIMN). Cet espace est classé sur la liste du patrimoine mondial en péril depuis 1992. Cette rencontre devrait permettre aux parties prenantes de trouver un accord pour changer le statut de la RIMN. Cependant, les deux pays peinent à trouver des accords pour résoudre la situation.

Une zone protégée dégradée par les activités humaines

La RIMN est partagée par trois pays : la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Liberia. Cette aire protégée est classée sur la liste du patrimoine mondial en danger à cause des activités humaines qui contribuent à sa dégradation. Les populations utilisent cette zone pour des activités d’orpaillage et d’agriculture. Le braconnage et le trafic d’espèces végétales participent également à la destruction de la RIMN.

Les pays qui partagent cet espace devront collaborer afin de le restaurer et le protéger. Cela se fera conformément aux textes qui prévoient la protection du patrimoine mondial, rapporte Abidjan.net. Cependant, la Côte d’Ivoire et la Guinée sont en désaccord sur certains points. Il s’agit notamment de l’installation d’une mine du côté guinéen.

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Installation de personnes déplacées dans la RIMN

Dans les années 1980 et au début des années 1990, des personnes déplacées se sont installées dans la partie ivoirienne de la RIMN. Elles ont été déplacées lors de la crise militaro-politique au Libéria. Au fil du temps, elles ont commencé à exploiter les terres, créant ainsi des villages dans cette partie de la RIMN. Cependant, à la fin de la crise libérienne, le gouvernement ivoirien a demandé aux occupants de la RIMN de libérer cet espace. Ce qui a été fait grâce aux mesures d’accompagnement.

Cependant, dans la partie guinéenne de la RIMN, les activités humaines continuent de se développer. Les habitants de la RIMN exploitent les ressources animales et végétales. Les orpailleurs clandestins développent également leurs activités. Une société minière s’est installée, accélérant le risque de dégradation de cette aire protégée. Cette situation a conduit l’UNESCO à classer la RIMN au patrimoine mondial en péril, indique Abidjan.net.

L’installation d’une mine à l’origine des désaccords

Les pays devront donc cesser ces activités afin de retirer la RIMN de la liste des sites du patrimoine mondial en péril. Cependant, la partie guinéenne soutient que l’installation de l’entreprise sur cet espace est légale. La mine a été installée conformément à un décret qui a déclassifié une partie de la RMN, celle occupée par la société. Mais les autorités ivoiriennes affirment que l’entreprise ne devrait pas être installée dans la RMN.

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Ce désaccord bloque les efforts pour retirer la RMN de la liste du patrimoine mondial en péril. Les deux pays conviennent cependant qu’il est important de créer des activités génératrices de revenus pour les populations locales. Ils devront également acquérir des équipements pour surveiller la réserve. Les deux pays auront besoin du soutien de l’UNESCO pour mettre en œuvre ces solutions.