La pêche illicite fait perdre 2,17 milliards $ à 7 pays africains

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La pêche illicite, un phénomène contre lequel veulent lutter le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Guinée-Conakry, la Gambie, le Cap Vert, la Sierra Leone et la Mauritanie.

La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) génère un important manque à gagner pour les Etats africains. Sept d’entre eux, situés en Afrique de l’Ouest, perdent 2,17 milliards $ chaque année. Cela ressort d’une étude de la Commission sous-régionale des pêches (CRSP). Les dirigeants des pays concernés se sont alliés pour lutter contre le phénomène.

« Les pertes attribuables à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée sont de 1,9 milliards d’euros par an » a déclaré le capitaine de vaisseau Mamadou Ndiaye, chef de la direction de la protection et de la surveillance des pêches (DPSP) au Sénégal. Il s’exprimait ainsi lors d’une rencontre avec les ministres de la Pêche des pays affectés par le phénomène. On compte le Sénégal, la Guinée-Bissau, la Guinée-Conakry, la Gambie, le Cap Vert, la Sierra Leone et la Mauritanie. 

D’après Mamadou Ndiaye, 30 % des ressources halieutiques de ces pays sont surexploitées. Près de 50 000 pirogues et 1000 navires de pêche industrielle opèrent dans leurs eaux. La pêche illicite connaît un essor remarquable dans ces pays. Pour cause, ceux-ci ne disposent pas de politiques adaptées pour surveiller cette activité. L’absence d’une collaboration multilatérale efficace entre les gouvernants de la région constitue aussi un facteur du phénomène. Il faut ajouter à cela, la discordance des régimes d’attribution de droit de pêche qui sont en vigueur dans les Etats ouest-africains.

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Unis pour lutter contre la pêche illicite

Les ministres de la Pêche du Sénégal, de la Gambie et de la Mauritanie ont décidé de mettre fin à la pêche illicite. Ils se sont donc réunis à Dakar pour discuter des politiques coordonnées à mettre en place. Ces dernières viseront notamment une « gestion concertée des stocks partagés », un contrôle-suivi-surveillance (CSC) de la pêche et une répression de la pratique. 

« Il nous faut un effort commun de gestion, un effort commun de surveillance et une synergie des moyens. Nous avons tous la volonté d’y aller ensemble dans l’intérêt de nos pays » a déclaré Dy Ould Zein, ministre mauritanien de la Pêche et de l’économie maritime, cité par l’Agence Anadolu. Son homologue sénégalais, Alioune Ndoye, croit qu’ils trouveront « une vision commune pour une meilleure gestion de la ressource et un bon contrôle de gestion ». 

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Fidèle DJIMADJA