La Standard Bank identifie cinq économies africaines qui seront confrontées à des risques d’endettement

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Jibran Qureishi, responsable de la recherche africaine chez Standard Bank

Selon Standard Bank, cinq économies africaines clés seront confrontées à des risques d’endettement au cours des deux prochaines années. Les pays concernés sont le Ghana, le Kenya, l’Angola, l’Éthiopie et la Zambie.

La Standard Bank désigne cinq économies africaines qui seront confrontées à des risques d’endettement sur les deux prochaines années. Il s’agit du Ghana, du Kenya, de l’Angola, de l’Éthiopie et de la Zambie. Ces pays risquent de s’endetter alors que de nombreux pays se remettent de la pandémie de Covid-19.

Le soutien du FMI important pour rétablir la confiance des investisseurs au Ghana

« La viabilité de la dette exige désormais une attention plus soutenue », a déclaré Jibran Qureishi, à Bloomberg. Il est responsable de la recherche africaine chez Standard Bank. Pour le cas du Ghana, la banque soutient que le pays aura besoin d’un accompagnement du Fonds monétaire international, la Chine étant prudente en matière de prêts aux pays africains. Ce soutien lui permettra de rétablir la confiance des investisseurs. La dette du Ghana exige actuellement une prime de plus de 1 000 points de base par rapport aux bons du Trésor américain, indique la banque. Or, un refinancement sur le marché des euro-obligations ne sera pas viable si la Réserve fédérale américaine augmente les taux d’intérêt. Il ne sera non plus viable si les objectifs budgétaires du pays ne sont pas atteints, indique Bloomberg.

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Les prêts commerciaux affectent l’économie du Kenya

Pour le Kenya, la Banque estime que le pays aura des difficultés à limiter les emprunts et à réduire le déficit budgétaire. Cela serait dû aux élections prévues en août prochain. Ce pays d’Afrique de l’Est a accumulé des dettes, notamment les prêts commerciaux. Ainsi, les coûts du service de la dette représentent 35 % des réserves de changes et 43 % des recettes fiscales, indique la Standard Bank.  

L’Angola aura besoin des investissements dans le secteur pétrolier

En ce qui concerne l’Angola, la Standard Bank soutient que le pays a été l’un des principaux bénéficiaires de l’initiative de suspension du service de la dette des pays du G20 pendant la pandémie. Cette initiative lui a permis de reporter près de 3 milliards $ de paiements l’année dernière. Toutefois, la poursuite des négociations bilatérales sur la dette est incertaine. Le manque d’investissements dans le secteur pétrolier risque de ralentir la production de ce pays riche en pétrole brut. De plus, le programme du FMI touche à sa fin. Face à ces incertitudes, la Banque recommande la prudence à l’Angola.

L’économie de l’Ethiopie plombée par le conflit civil

Selon la Standard Bank, en Ethiopie, la dette peut sembler viable. Cela se justifie par la proportion relativement faible de prêts détenus par des prêteurs commerciaux. Toutefois, avec les pénuries de devises et le conflit civil, le pays devrait se reprofiler, averti la banque. « L’Éthiopie est au bord du gouffre » d’un défaut de paiement potentiel, a déclaré Jibran Qureishi.

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Une facilité du FMI donne espoir à la Zambie

Quant à la Zambie, la banque affirme qu’elle a reçu l’accord des services du FMI pour une facilité de 1,4 milliard $. Une partie de cette facilité était subordonnée à des progrès dans la restructuration de la dette au titre du cadre commun. Mais la banque estime que ces avancées pourront être affectées. Selon Bloomberg, la Zambie est devenue en 2020 le premier pays du continent à manquer à ses obligations en cas de pandémie.

L’économie ougandaise pourrait croître

Par contre, la banque estime que l’économie ougandaise connaîtra un essor après la levée des mesures anti-Covid-19. Les investissements dans le secteur pétrolier et la construction d’un oléoduc aideront le pays à devenir un principal exportateur de brut. Ces initiatives permettront de stimuler la production, a indiqué Jibran Qureishi.