La ZLECAf pourrait stimuler le commerce maritime en Afrique, selon la CNUCED

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Avec l'entrée en vigueur de l'accord de la ZLECAF, les échanges maritimes intra-africains connaîtront une croissance importante si les infrastructures nécessaires sont mises en place

L’accord sur la ZLECAf, entré en vigueur le 1er janvier 2021, vise à augmenter le commerce intra-africain en éliminant les frais d’importation. Cet accord pourrait avoir une incidence positive sur le développement du commerce maritime africain. C’est ce qu’estime la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), dans l’édition 2021 de sa Revue du transport maritime.

Selon le rapport, la ZLECAf pourrait accroître les échanges intra-africains d’au moins 33 %. Elle devrait également contribuer à réduire le déficit commercial du continent de moitié. Ces tendances positives auront un impact significatif sur le commerce maritime africain. « La ZLECAf devrait augmenter la demande pour différents modes de transport, y compris le transport maritime. Cela augmentera les besoins d’investissement pour les infrastructures et les équipements, tels que les ports et les navires », indique le rapport.

D’ici 2030, les marchandises transportées par navires devraient passer de 58 millions à 132 millions de tonnes, avec la mise en œuvre de la ZLECAf. Le rapport indique que les Comores, le Gabon, la Gambie, le Ghana, Madagascar, Maurice, le Mozambique, la Namibie et la Somalie connaîtront une augmentation du trafic dans leurs ports, dans la même période.

Si les infrastructures nécessaires sont mises en place, la flotte maritime de l’Afrique devrait augmenter de 188 % pour le transport de gros et de 180 % pour les conteneurs. 

Des défis à relever

Le rapport met en évidence les défis qui continuent de peser sur le secteur maritime africain. On relève notamment les longs délais d’escale des navires, les problèmes de connectivité et la baisse des volumes maritimes, en raison de la pandémie de Covid-19.

La CNUCED estime que le commerce maritime africain a baissé de 7,6 % en 2020. La contribution du continent au commerce maritime mondial est restée relativement faible, les ports à conteneurs du continent détenant 3,9 % du trafic mondial de conteneurs.

En outre, les temps d’attente les plus longs pour les porte-conteneurs se situent généralement en Afrique, notamment au Nigeria, au Soudan et en Tanzanie. Le Maroc est une exception, avec l’un des délais d’attente les plus courts au monde pour les navires. Par ailleurs, le port de Tanger Med au Maroc était également le port le mieux connecté d’Afrique en 2020, indique le rapport.

Lire aussi : ZLECAf : l’Afrique peut doubler son commerce intra-africain d’ici 2030 (M.Buhari)