L’Afrique recherche des financements climatiques annuels de 1300 milliards $

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Tanguy Gahouma-Bekale , chef du groupe des négociateurs africains sur le climat à la COP 26

L’Afrique a formulé une nouvelle requête aux Etats riches, à la Conférence de Glasgow. Elle cherche à ce que les financements climatiques prévus pour les pays pauvres soient multipliés par 13. Le montant dont il est question soulève cependant des inquiétudes selon les experts. Ceux-ci rappellent que les pays riches sollicités par l’Afrique ne sont déjà pas parvenus à tenir leurs engagements d’investir 100 milliards $ par an dans les nations pauvres pour les aider dans la transition verte.

Le groupe des négociateurs africains sur le climat à la COP 26, ont exhorté les pays riches à porter leurs financements climatiques destinés aux pays pauvres, à 1 300 milliards $ par an. Cette enveloppe n’est toutefois pas requise pour tout de suite. Le groupe souhaite qu’elle soit mise à la disposition du continent à partir de 2025. Le chef de file, le Gabonais Tanguy Gahouma-Bekale, s’est indigné de l’inaction des Etats développés. 

Ces derniers, fustige-t-il, n’ont pas réussi à atteindre les objectifs qu’ils se sont eux-mêmes fixé durant l’Accord de Paris. « Les 100 milliards $ sont des promesses datant d’une décennie. Ça devient absurde » a déclaré le chef du groupe des négociateurs africains. « Nous devons prendre des mesures et pour cela, nous avons besoin d’un soutien conséquent au coût réel du changement climatique » fait-il remarquer. 

Des financements privés comme publics

Tanguy Gahouma-Bekale s’attend à ce que les 1300 milliards $ soient en partie fournis via des financements privés. Il précise cependant que les bailleurs de fonds publics ont un rôle majeur à jouer dans la collecte des fonds. Ceux-ci devraient notamment accorder des subventions pour éviter aux pays pauvres de s’endetter davantage. 

Tout comme le président gabonais Ali Bongo Ondimba, le chef du groupe des négociateurs africains a appelé à une compensation objective des pays qui s’efforcent de séquestrer du carbone. Il souhaite la création d’un marché de crédit carbone équitable pour tous. « Cela devrait être obligatoire, pas seulement volontaire » a-t-il défendu. 

Lire aussi : COP 26 : les pays occidentaux signent un accord de 8,5 milliards $ pour aider l’Afrique du Sud à se décarboner

Fidèle DJIMADJA