Le Burkina Faso lance la construction de sa première raffinerie d’or

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Burkina Faso : le président de la Transition lance la construction de la première usine d'or.

Au Burkina Faso, les autorités de transition ont lancé la construction de la première raffinerie d’or du pays. La mise en service de cette usine, programmée dans onze mois, devrait faciliter une production annuelle estimée à 150 tonnes d’or pur à 99,99%.

La mise en place de cette usine vise à mettre un terme à l’exportation de l’or brut tout en renforçant le contrôle sur l’ensemble de la chaîne de production aurifère. Cette initiative fait suite à une baisse significative de 13,7 % de la production aurifère observée en 2022. Du point de vue social, la construction de la raffinerie est prévue pour générer 100 emplois directs et 5 000 emplois indirects. Il convient de souligner que cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une stratégie plus large de lutte contre la fraude aurifère, laquelle alimente malheureusement les activités terroristes dans la région.

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Une volonté d’autonomie

Le président de transition, le capitaine Ibrahim Traoré, a souligné l’importance de cette nouvelle étape. « Il n’est plus question pour nous d’amener notre or à l’extérieur pour le raffiner », a-t-il indiqué. Nous le raffinerons sur place, nous savons quelle est la teneur réelle de l’or brut qui sort, a encore expliqué le président de transition. D’après lui, cela est très important. La raffinerie, gérée par la société Marena Gold, vise à assurer une transparence totale dans le processus de production.

Les premiers lingots d’or disponibles dès 2024

Les premiers lingots d’or de la raffinerie, d’une teneur de 22 carats, seront disponibles dans onze mois, indique Ismaël Sibi, PDG de Marena Gold. Cette annonce intervient dans un contexte, marqué par la baisse de la production aurifère du Burkina Faso. Selon les données récentes de l’Initiative pour la transparence dans les industries minières extractives (ITIE), elle est passée de 66,8 à 57,6 tonnes. Le secteur minier contribue actuellement à hauteur de 14,3 % aux recettes de l’État burkinabé.

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Renforcement de la transparence

Profitant de l’occasion, le président Traoré a réaffirmé la détermination de son gouvernement à lutter contre l’exfiltration frauduleuse de l’or. D’après lui, cette pratique pourrait avoir un lien avec le financement du terrorisme dans la région. Les violences perpétrées par des groupes djihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaida ont déjà entraîné la fermeture de mines industrielles en 2022 et l’abandon de près de 700 sites d’orpaillage. Cette initiative de raffinage sur place vise à renforcer la transparence et à réduire les risques associés à l’exportation brute de l’or burkinabé.

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