Le Nigéria reçoit 1 milliard $ pour un projet d’exploration pétrolière

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Le professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank, soutient que ce prêt accordé s'inscrit dans la vision de la banque sur le changement climatique

La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a conclu un accord de prêt de 1,04 milliards $ avec le Nigéria. Ce financement est destiné à un projet d’exploration pétrolière. Cela traduit l’intérêt continu de certains Etats pour leurs ressources fossiles malgré la tenue récente de la Conférence de Glasgow sur les changements climatiques (COP 26).

L’accord de financement a été conclu à Durban lors de la deuxième foire commerciale intra-africaine (IATF 2021) qui se tient du 15 au 21 novembre. Les fonds permettront à la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) de financer l’exploration du brut. En contrepartie, Afreximbank recevra des cargaisons de pétrole. L’accord inclut en effet un contrat de vente à terme (FSA), faisant de la NNPC, un emprunteur, mais aussi un vendeur. À ce titre, la compagnie nigériane livrera 35 000 barils de pétrole brut par jour.

Le prêt permettra au Nigéria d’ « augmenter ses recettes fiscales ainsi que ses devises étrangères, tout en créant des milliers d’emplois dans la chaîne de valeur du pétrole et du gaz. L’Etat nigérian générera au total, plus de 2,4 milliards $ au profit de sa balance commerciale et de son PIB » indique Afreximbank. Le financement de la Banque aidera la NNPC de devenir une entité commerciale mondialement reconnue. L’objectif de la compagnie pétrolière nigériane est d’attirer plus d’investisseurs dans le secteur des hydrocarbures, source d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et responsable du réchauffement climatique. 

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Un projet anti-climatique ?

Le développement d’un tel projet soulève des questions liées à la tenue des promesses climatiques. À la Conférence de Glasgow, le Nigéria s’est engagé à atteindre la neutralité carbone d’ici 2060. Il a solennellement déclaré qu’il fera tout son possible pour réduire ses émissions de 20 % à l’horizon 2030. Ce qui devrait impliquer un abandon progressif des énergies fossiles. Pour l’instant, aucun officiel nigérian n’a commenté ce projet d’exploration sur sa dimension « anti-climatique ». 

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Pour le professeur Benedict Oramah, président d’Afreximbank, le financement accordé à la NNPC s’inscrit dans le cadre de l’agenda mondial sur le changement climatique de la Banque. « Il s’agit d’adopter une approche équilibrée. L’Afrique est plus une victime qu’un acteur du réchauffement climatique. Elle ne contribue qu’à hauteur d’un maigre 4 %. Le continent africain a été laissé pour compte en matière de développement. Il ne peut que continuer à dépendre des combustibles fossiles pour survivre. (…) L’Afrique ne peut pas supporter le poids de la punition pour des erreurs que les autres ont commises. Arrêter le développement de certaines parties de l’Afrique aujourd’hui pour créer un environnement propre pour le monde demain est tout à fait téméraire » explique Oramah.

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Fidèle DJIMADJA