Le passage aux énergies renouvelables peut faire croître l’économie africaine de 6,4 % en 2050 (IRENA)

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Kevin Kariuki, vice-président de la BAD chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte.

La transition énergétique en Afrique a le potentiel de créer plus de 5,2 millions d’emplois entre 2019 et 2030. Elle pourrait ainsi se situer au cœur de l’avenir économique du continent. C’est ce qu’indique une nouvelle analyse publiée par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), en collaboration avec la Banque africaine de développement (BAD).

La transition énergétique, soutenue par un cadre politique adéquat, pourrait apporter une vague de nouveaux investissements en Afrique. Elle pourrait faire croître l’économie de la région de 6,4 % d’ici 2050. Au moins 26 millions d’emplois supplémentaires pourraient être créés, selon le rapport de la BAD et de l’IRENA.

L’étude indique que les énergies renouvelables et les technologies liées à la transition énergétique ont déjà créé 1,9 million d’emplois en Afrique. Ce nombre devrait augmenter considérablement, au fur et à mesure que les pays investissent dans la transition énergétique. « Notre vision d’une transition énergétique en Afrique, alignée sur l’ambition climatique mondiale, montre que le continent générera 26 millions d’emplois supplémentaires à l’échelle de l’économie d’ici 2050 », prédit le rapport.

Un fort potentiel économique

L’effet positif de la transition sur les emplois du secteur de l’énergie en Afrique a pu être observé sur l’ensemble du continent. Selon le rapport, les opportunités d’emploi liées aux énergies renouvelables se produiront là où se trouvent les nouvelles installations et infrastructures. 

Toutefois, pour pouvoir bénéficier pleinement des avantages de la transition, les dirigeants africains devront élaborer de meilleures politiques. « La transition offre une opportunité unique à l’Afrique de répondre à ses impératifs de développement. Grâce à des ensembles de politiques sur-mesure, les pays africains peuvent exploiter leurs forces et leurs ressources pour surmonter des dépendances structurelles établies depuis longtemps », a déclaré Kevin Kariuki, vice-président de la BAD chargé de l’Électricité, de l’Énergie, du Climat et de la Croissance verte.

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Le charbon, le gaz naturel et le pétrole représentent près de 70 % de la production totale d’électricité en Afrique. L’énergie conventionnelle attire beaucoup plus d’investissements que les énergies renouvelables en Afrique. Cette situation est favorisée par des politiques qui priorisent la production à partir d’énergies fossiles, en raison de leur coût moins élevé, note le rapport. Sur les 2 800 millions $ investis dans les énergies renouvelables dans le monde entre 2000 et 2020, seuls 2 % sont allés à l’Afrique. Le continent dispose pourtant d’un énorme potentiel d’énergies renouvelables, qu’elles soient solaires, éoliennes ou géothermiques.