Le Sénégal lancera son premier satellite en 2023

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Gayane Faye, chef du laboratoire de télédétection appliquée de l’Institut des sciences de la Terre (IST)

Le Sénégal ambitionne de lancer un nano-satellite conçu par ses propres ingénieurs. Il a signé à cet effet, un protocole d’accord avec le Centre national d’études spéciales de France et la Société Ariane Group, en janvier 2019. Son premier satellite devrait normalement être lancé en 2021. La pandémie de Covid-19 et ses nombreuses conséquences économiques ont cependant poussé les autorités à suspendre le projet pour un moment.

Le Sénégal est désormais prêt à relancer son projet de nano-satellite. Le démarrage de la construction de l’infrastructure spatiale est prévu pour mars 2022. Cette dernière sera lancée dans l’espace en 2023, a déclaré Gayane Faye, chef du laboratoire de télédétection appliquée de l’Institut des sciences de la Terre (IST). Le projet sera mis en œuvre en deux étapes. 

Dans un premier temps, le Sénégal fera former les ressources humaines devant intervenir dans la construction du satellite. Trois étudiants sénégalais ont déjà été envoyés au Centre spatial de Montpellier depuis l’année dernière, pour faire un Master dans le domaine spatial. En 2021, « il y aura dix personnes envoyées à Montpellier, 5 techniciens et 5 ingénieurs » indique Gayane Faye. La deuxième étape du projet concernera la fabrication de l’objet spatial. Les étudiants qui ont été formés en France, se mettront à concevoir le nano-satellite en se basant sur leurs propres compétences. 

Pourquoi un nanosatellite ?

D’après le site de Nanosat, un nanosatellite est un objet spatial de petite taille pouvant peser entre 1 et 10 kg. Ses dimensions sont suffisantes pour lui permettre de réaliser les fonctions de base d’un vrai satellite (la communication, l’électronique, la navigation, etc.). Ici, l’objectif du Sénégal est de créer un véritable écosystème local de recherche scientifique et d’innovation industrielle dans le secteur spatial. Les autorités ont noué à cet effet, des partenariats avec les universités et les entreprises. Elles ne comptent toutefois pas s’arrêter à un seul nanosatellite. « Après ce lancement, on va aller vers des satellites plus grands » annonce Gayane Faye. En Afrique, le marché des satellites est dominé par l’Égypte, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie. 

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Fidèle DJIMADJA