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samedi 20, août 2022

Les négociateurs africains sur le climat désapprouvent l’adoption du gaz comme combustible de transition

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Les négociateurs africains sur le climat rejettent la proposition de l’Union africaine d’utiliser le gaz comme combustible de transition pour le continent. Selon le groupe de négociateurs, une position favorable au gaz détournerait l’attention de priorités comme l’adaptation et le financement du climat.

Le groupe africain des négociateurs sur le climat (AGN) a rejeté la proposition de l’Union africaine de promouvoir le gaz comme combustible de transition pour le continent lors de la COP27. Les négociateurs estiment que cette proposition risque de détourner l’attention sur les priorités, dont l’adaptation et le financement du climat, rapporte Climate Home News.

Le conseil exécutif de l’Union africaine (UA) avait proposé que les pays africains adoptent une position commune sur le développement énergétique de l’Afrique lors de la COP27. Ainsi, le conseil a appelé tous les pays à « déployer toutes les formes de ses abondantes ressources énergétiques, y compris les énergies renouvelables et non renouvelables, pour répondre à la demande énergétique », rapporte la même source. Cette proposition implique le financement du gaz, de l’hydrogène vert à faible teneur en carbone et de l’énergie nucléaire. Ces sources d’énergie devraient permettre d’étendre l’accès à l’énergie à court et moyen terme.

Une proposition controversée

Cette semaine, les responsables de l’UA ont présenté cette proposition à l’AGN lors d’une rencontre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Contre toute attente, les négociateurs ont rejeté la proposition. Pour eux, une position favorable au gaz est trop controversée. Elle détournerait l’attention sur des priorités telles que l’adaptation et le financement du climat, ont-ils expliqué.

L’adoption du gaz améliorerait l’accès à l’énergie en Afrique

Sur le continent, au moins dix pays envisagent d’utiliser le gaz comme combustible de transition. Le gouvernement égyptien, par exemple, est à la recherche d’accords pétroliers et gaziers. Selon le principal négociateur égyptien pour le climat, Mohamed Nasr, les travaux de la présidence de la Cop27 sur la transition énergétique en Afrique sont axés sur l’accès à l’énergie. En effet, le continent compte le plus grand nombre de personnes sans accès à l’énergie, soit 600 millions de personnes. « Lorsque nous parlons d’énergie et de transition énergétique, dans notre esprit, il s’agit d’une énergie abordable pour les Africains. Nous voulons travailler sur les chiffres et au moins réduire ce nombre de 50% dans les cinq prochaines années », a-t-il déclaré.

Pour le directeur de la division du changement climatique à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, Jean-Paul Adams, la proposition conjointe n’appelle pas à un investissement débridé dans le gaz, a-t-il confié à Climate Home News. « Elle appelle à une approche scientifique pour accélérer l’accès à l’énergie grâce à une transition vers les énergies renouvelables, avec une clarté sur le mode de transition qui serait spécifique à chaque pays », a-t-il expliqué.

L’UA souhaite une ouverture aux sources d’énergie, propres ou polluantes

Selon le document technique à l’origine de la proposition de l’UA, environ 570 millions de personnes en Afrique n’auront toujours pas accès à une énergie moderne d’ici 2030 avec les modèles d’investissement actuels. Comme solution, l’UA appelle à l’ouverture à toutes les sources d’énergie, propres ou polluantes. L’institution prévoit des investissements dans le pétrole et le charbon à moyen terme. Elle prévoit également des financements pour le gaz, les énergies renouvelables, le nucléaire et l’hydrogène vert à long terme.

Lire aussi : L’UE s’apprête à classer le gaz naturel comme énergie verte

La société civile contre les investissements dans les combustibles fossiles

La société civile africaine réfute toutefois l’idée d’utiliser les combustibles fossiles pour combler le déficit énergétique. « Ce serait une honteuse trahison des populations africaines, déjà en première ligne de la crise climatique, si les dirigeants africains utilisaient le sommet climatique de la Cop27 de novembre prochain sur le sol africain pour enfermer l’Afrique dans un avenir basé sur les combustibles fossiles », a déclaré Mohamed Adow, directeur de Power Shift Africa. Selon la société civile, le continent devrait se concentrer sur son important potentiel d’énergie renouvelable. Un récent rapport de Climate Action Tracker, affirme que les investissements dans l’exploration et la production de gaz devront être stoppés si l’on veut atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

À noter que l’Union européenne pourrait classer le gaz naturel parmi les sources d’énergie verte. Certains pays européens comme l’Italie signent des accords avec des producteurs de gaz africains. Leur objectif est de renforcer leur approvisionnement et de remplacer les importations russes.

Lire aussi : Le développement de l’industrie gazière africaine ne nuit pas à la transition énergétique (AIE)

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