Les températures extrêmes deviennent la « nouvelle norme » dans le milieu aquatique

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Dr Kyle Van Houtan, le chercheur qui a dirigé l'équipe de recherches

Les températures extrêmes causées par le changement climatique deviennent la nouvelle norme dans les océans. C’est ce qu’indique une nouvelle étude, publiée dans la revue PLOS Climate.

Plus de la moitié de la surface des océans de la planète ont dépassé les seuils historiques de chaleur extrême depuis 2014. Ces températures excessives, alimentées par le changement climatique, sont désormais devenues la « nouvelle norme ».

Selon les auteurs de l’étude, ces températures extrêmes menacent des écosystèmes marins importants, notamment les récifs coralliens, les herbiers marins et les forêts de varech. Elles modifient leur structure et leur fonction, tout en compromettant leur capacité à assurer la subsistance des communautés humaines. « Le changement climatique n’est pas un événement futur. La réalité est que cela nous affecte depuis un certain temps. Nos recherches montrent qu’au cours des sept dernières années, plus de la moitié de l’océan a connu une chaleur extrême », a déclaré Kyle Van Houtan, qui a dirigé l’équipe de recherche.

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Des températures de plus en plus élevées

Les chercheurs à l’origine de l’étude ont étudié les températures observées au cours des 150 dernières années à la surface des océans. Ils ont identifié une référence historique fixe pour les températures extrêmes. 

2014 a été la première année au cours de laquelle plus de la moitié des océans ont dépassé ce seuil. Cette tendance à la hausse s’est poursuivie dans les années qui ont suivi et touchait 57% des océans en 2019, selon l’étude. À titre comparatif, seuls 2% de la surface des océans connaissaient des températures aussi chaudes à la fin du 19e siècle.

« Aujourd’hui, plus de la moitié de la surface des océans s’est réchauffée à des températures qui, il y a seulement un siècle, se produisaient sous forme d’événements », a indiqué Kyle Van Houtan.

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Réduire les émissions pour sauver les océans

Les températures extrêmes étant devenues une nouvelle norme, les auteurs ont souligné la nécessité de réduire les émissions générées par les combustibles fossiles. Ils décrivent ces derniers comme « le principal moteur du changement climatique ».

À mesure que l’océan se réchauffe et que ses écosystèmes s’effondrent, leur capacité à protéger les régions côtières basses des intempéries baisse également. Ils ne pourront bientôt plus servir de puits de carbone pour les émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine baisse, selon les chercheurs. « Ces changements dramatiques que nous observons dans le milieu aquatique tirent la sonnette d’alarme. Il est temps d’agir pour lutter contre le changement climatique », ont déclaré les scientifiques.