Malawi : les agriculteurs face à un avenir précaire

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Dévaste du Freddy sur l'Agriculture
Après le cyclone Freddy qui a frappé la Malawi en Mars dernier, Les agriculteurs locaux ont du mal à s’en remettre.

Après le cyclone Freddy qui a frappé la Malawi en Mars dernier, Les agriculteurs locaux ont du mal à s’en remettre. La catastrophe a sinistré des millions d’agriculteurs en leur arrachant leurs moyens de subsistance ; leurs bétails et leurs terres.

Il y a un an, plusieurs agriculteurs malawites cultivaient du maïs et du riz sur sa propre ferme, à quelques mètres de chez eux. Mais en mars 2023, le cyclone Freddy, le cyclone tropical le plus puissant, a détruit des maisons et des terres. Lorsque le cyclone Freddy a frappé l’Afrique australe en mars dernier, les agriculteurs du Malawi – pour la plupart des femmes – ont perdu leurs terres, leur bétail et leurs moyens de subsistance. Déjà désespérément pauvres, ils luttent pour se relever dans un pays considéré comme l’un des plus touchés au monde par des phénomènes météorologiques extrêmes.

Des terres recouvertes d’eau

Revenues en août, après avoir vécu cinq mois dans des camps d’évacuation, les sinistrés ont découvert leurs terres saturées d’eau. « Nous ne pouvons pas cultiver de riz cette année parce que l’eau a détruit la terre. Nous ne pouvons pas cultiver du maïs parce que le sol est contaminé par du sable. Aujourd’hui, je dépends des mangues, ou alors nous mangeons des haricots kalangonda, mais ceux-ci sont toxiques à moins qu’on ne les cuisine bien. Chaque jour, je m’inquiète de ce que mes enfants vont manger. » Se lamente une sinistrée.

Le cyclone Freddy a duré de 38 jours. Un véritable record pour une tempête. Il a parcouru 5 000 milles à travers l’océan Indien, frappant Madagascar et la Réunion avant de frapper le continent africain. Il a tourbillonné sur le sud du Mozambique et le Zimbabwe, s’est intensifié à nouveau sur les eaux chaudes de l’océan Indien, puis est revenu frapper le nord du Mozambique et du Malawi.

Adoption de méthodes de survie

Plusieurs victimes du cyclone au Malawi survivent grâce à l’adoption de méthodes agricoles relativement peu coûteuses. Des méthodes qui ont amélioré sa résilience aux chocs climatiques. La plupart d’entre eux cultivent désormais des pois entre les rangées de maïs, ce qui augmente les rendements pendant les périodes de fortes précipitations et réduit la perte de nutriments du sol. Au lieu d’utiliser des engrais chimiques, dont le prix a grimpé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les exploitants utilisent du compost et du fumier. Ces matières organiques améliorent la rétention d’eau pendant la saison sèche. 

De telles méthodes agricoles sont accessibles à des millions de Malawites et seraient avantageuses même sans changement climatique. Mais la plupart des gens ne connaissent pas ces techniques. D’autres résistent au changement, portant nécessaire. 

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Le changement climatique, pourrait entraîner une perte de 20 %

Le gouvernement prédit que le changement climatique, dans un scénario de maintien du statu quo, pourrait entraîner une perte de 20 % du PIB d’ici 2040. « Ce n’est pas comme si nous ne savions pas ce que nous devrions faire… De nombreuses interventions de réduction des risques de catastrophe devraient être mises en œuvre, [y compris] des systèmes d’alerte précoce, des programmes de reboisement et de réinstallation. Le pays aura besoin d’au moins 1,9 milliard de dollars pour réduire les risques, se redresser et renforcer sa résilience » déclare Chipiliro Raymond Khamula, porte-parole du Département de gestion des catastrophes du Malawi. Le défi majeur a été le financement.

La préservation et l’adaptation des systèmes alimentaires du Malawi doivent être une priorité si le pays veut résister aux effets dévastateurs du changement climatique. Ceci, au moins, peut être réalisé à moindre coût. Actuellement, 85 pour cent de la population dépend de l’agriculture pluviale, et la vie est donc étroitement liée aux précipitations saisonnières qui deviennent de plus en plus irrégulières.

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