Nigeria : le taux d’inflation de septembre est le plus élevé depuis deux décennies

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Le Nigeria traverse une crise d'inflation majeure, avec un taux record de 26,72% en septembre, le plus élevé depuis deux décennies.

Le Nigeria fait face à une crise d’inflation majeure, avec un taux record de 26,72% en septembre, le plus élevé depuis près de deux décennies. Cette hausse constante de l’inflation, rapporte l’agence Reuters, a des conséquences dramatiques sur la population nigériane, déjà touchée par les réformes économiques du président Bola Tinubu.

Le Nigeria, la plus grande économie d’Afrique, traverse une période économique difficile, avec un taux d’inflation atteignant un sommet depuis près de deux décennies. En septembre, le Bureau national des statistiques (NBS) a révélé que l’inflation annuelle avait grimpé à 26,72%. Il s’agit du neuvième mois consécutif de hausse par rapport aux 25,8% enregistrés en août. Cette flambée inflationniste est principalement attribuée aux réformes économiques du président Bola Tinubu, notamment l’abandon d’une subvention vieille de plusieurs décennies sur le pétrole. Cela a triplé les prix et provoqué une dépréciation du naira de plus de 50%.

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L’inflation grimpe à 30,64% en septembre, dépassant 29,34% en août

L’inflation alimentaire, composante prépondérante du panier d’inflation au Nigeria, a également connu une augmentation significative en septembre. Elle est passée de 29,34% en août à 30,64% en septembre. Cette augmentation des prix des denrées alimentaires, essentielles pour la population, exerce une pression supplémentaire sur les ménages déjà affectés par la crise économique.

Les analystes économiques pointent du doigt plusieurs facteurs contribuant à cette inflation galopante. La dépréciation du naira, la montée des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, ainsi que les coûts logistiques en sont les principaux. Les réformes économiques de Tinubu, bien qu’elles visent à long terme à améliorer la situation économique du Nigeria, ont entraîné une détérioration à court terme, impactant sévèrement la vie quotidienne des Nigérians.

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Les mesures de la Banque centrale

Face à cette situation préoccupante, la banque centrale du Nigeria est sous pression pour prendre des mesures drastiques. David Ojomolo, économiste pour l’Afrique au cabinet de recherche Capital Economics, déclare : « La banque centrale a une tâche peu enviable en matière d’inflation et devra réagir par un resserrement monétaire agressif ». D’après lui, la situation de l’inflation risque de se détériorer davantage. L’impact de la suppression des subventions aux carburants, a-t-il encore expliqué, continuera de faire monter l’inflation, tandis que la dévaluation du naira aura des répercussions continues.

La banque centrale, sous la direction du nouveau gouverneur Olayemi Cardoso, a déjà pris quelques mesures pour tenter de stabiliser la situation. Elle s’est engagée à intervenir sur le marché des changes du pays de manière ponctuelle afin d’augmenter la liquidité. De plus, elle a récemment mis fin à une restriction en place depuis huit ans sur 43 articles, y compris le riz, la volaille et le ciment, pour accéder aux devises sur la fenêtre officielle.

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Perspectives

Malgré ces mesures, certains analystes prévoient que la Banque centrale optera pour une politique monétaire plus restrictive. Ce sera lors de sa prochaine réunion de fixation des taux. Cette décision pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt, qui sont déjà à leur plus haut niveau depuis près de deux décennies. Il faut noter que le président Bola Tinubu, faisant fi de la forte opposition des syndicats, persévère dans ses réformes économiques. Il s’est notamment engagé à ne pas faire marche arrière.

Cette position suscite des inquiétudes quant à l’impact à long terme de ces réformes sur les couches les plus vulnérables de la population nigériane. La Banque centrale est confrontée à la difficile tâche de stabiliser l’économie sans infliger des souffrances inutiles à la population. Les perspectives économiques du pays demeurent incertaines. Mais une chose est sûre : des mesures draconiennes seront nécessaires pour inverser cette tendance inflationniste préoccupante.

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