RDC : rapport alarmant de l’ONU sur l’expansion de la violence, 7 millions de déplacés

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Illustration violence RDC
Selon le rapport de l'ONU, le Congo compte actuellement, pour la première fois, près de 7 millions de déplacés.

Le groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo a récemment publié un nouveau rapport sur l’état de la violence dans le pays. Un document remis à RFI révèle un épisode de violences intenses dans plusieurs provinces. Cette situation affecte fortement la situation humanitaire, déjà préoccupante.

Des centaines de morts

Dans l’ouest du pays, la situation est inquiétante dans la province du Maï-Ndombe. Des centaines de décès ont été enregistrés en raison du conflit intercommunautaire déclenché mi-2022. Il a également entraîné la destruction de nombreux villages et infrastructures, notamment des écoles et des établissements médicaux. Son extension géographique suscite des préoccupations parmi les experts qui craignent même des débordements jusqu’à la capitale Kinshasa.

Par ailleurs, ce conflit a connu une expansion ethniquement avec l’apparition de nouveaux groupes associant les membres d’autres communautés alliées. Les combattants Mobondo qui ont été capturés ou rendus sont enrôlés dans les Forces armées de la RDC (FARDC). Ceux-ci ont reçu une formation avant d’être déployés dans l’est au Nord-Kivu pour combattre le M23, rapporte RFI.

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Le cessez-le-feu violé

Le Nord-Kivu situé dans l’Est du pays représente le principal foyer des violences. Cette région de la RDC accueille notamment la reprise du conflit entre l’armée et le M23. Selon les experts, toutes les parties ont enfreint le cessez-le-feu. L’utilisation accrue de groupes armés par l’armée congolaise comme les FDLR, les milices Wazalendo (« vrais patriotes ») et même des soldats burundais.

Les FARDC comptent également sur les compagnies militaires privées, comme Agemira RDC et Congo Protection. Selon le rapport, ces dernières ont renforcé leurs soutiens tactique et stratégique. Elles s’occupent parfois de la supervision des frappes, du transport des troupes ou de la protection des infrastructures. Le rapport révèle leurs sources de financement montrant que l’interdiction minière imposée par la RDC n’a pas été respectée. En outre, l’exploitation de contrebande en or a favorisé certains de ces groupes.

7 millions de déplacés

L’expansion de ce phénomène de violence observé par les experts onusiens justifie l’inquiétude des membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Ceux-ci ont acté il y a dix jours, le retrait de la mission de l’ONU en RDC (Monusco). Dans cette tendance inquiétante, les civils sont les premiers qui subissent les conséquences. Le rapport a précisé que le Congo compte actuellement, pour la première fois, près de 7 millions de déplacés.

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