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mercredi 11, janvier 2023

Les compagnies aériennes nigérianes suspendent les vols intérieurs dès aujourd’hui

La guerre en Ukraine vient de porter son premier coup à l’industrie aérienne africaine. Les aéronefs nigérians ne peuvent plus décoller pour une destination locale. Une situation due à la hausse des prix du carburant.

L’association des compagnies aériennes nigérianes (AON) a décidé de suspendre tous les vols intérieurs jusqu’à nouvel ordre. Elle justifie cette résolution par l’augmentation des prix du carburant. Le kérosène est en effet passé de 0,45 $ à 1,70 $ le litre, soit une hausse d’environ 400%.

Cette montée des cours du carburant est due à la crise russo-ukrainienne. Les sanctions imposées par l’Occident contre la Russie, l’un des plus grands exportateurs de pétrole et de gaz au monde, ont profondément bouleversé le marché international des hydrocarbures.

La seule solution pour poursuivre les vols intérieurs au Nigeria sera d’augmenter les frais de transport proportionnellement aux prix du carburant. Ce qui reviendrait à 289 $ par heure de vol pour un passager. Une somme « qui n’est absolument pas abordable pour les Nigérians déjà victimes des autres problèmes engendrés par la guerre en Ukraine » indique l’AON.

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La requête du gouvernement, le plaidoyer des Nigérians

Le gouvernement fédéral du Nigeria s’oppose à la cessation des activités des compagnies aériennes. Il a exhorté l’AON à « reconsidérer sa position » d’autant plus qu’elle « aura une incidence sur l’économie nationale déjà en difficulté ».

Le ministre de l’Aviation, Hadi Sirika, s’est dit « préoccupé » par la situation. Il a déploré le fait de ne pouvoir rien faire pour résoudre le problème de la cherté du carburant qui relève de la loi du marché international. De son côté, l’agence nigériane de protection des consommateurs a imploré « les compagnies aériennes nationales de tenir compte des conséquences liées à la suspension des vols ».

Un coup dur…

Cette décision aura pour première conséquence de saturer le trafic routier national, augmentant ainsi les embouteillages sur les routes. Elle entraînera aussi des pertes pour l’industrie aérienne qui peine encore à se relever de la crise de Covid-19. La pandémie avait cloué les avions au sol pendant plusieurs mois. En Afrique, elle a fait perdre aux transporteurs aériens, 14 milliards $ en 2020 et 8,5 milliards $ en 2021, selon l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA).

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Fidèle DJIMADJA

Fidèle DJIMADJA